Interview de Tarik Hamiche, Producteur à Succès et Formateur en Music Business

tarik hamiche interview

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Tarik Hamiche, producteur reconnu et formateur aux métiers du disque, afin de lui poser quelques questions au sujet de l’industrie, de son parcours et de sa vision de choses (indépendance, monétisation, succès…).

Très bonne lecture !

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Interview de Tarik Hamiche

Bonjour Tarik ! Tout d’abord, je voudrais te remercier d’avoir accepté de répondre aux questions de Marketing Musical !

Pour celles et ceux qui ne te connaitraient pas encore, est-ce que tu pourrais te présenter ? Qui es-tu, d’où viens-tu et que fais-tu maintenant ?

Bonjour Guillaume, je m’appelle Tarik je vis en Bretagne depuis plus de 10 ans maintenant et je fais beaucoup de choses !

Mes 3 activités principales sont :

  1. La production musicale au sein d’un label indépendant qui fête sa 8ème année.
  2. La formation en Music Business via mon organisme de formation crée il y a un petit peu plus d’un an maintenant, et à travers lequel j’aide des artistes et des producteurs à vivre de leur musique.
  3. L’immobilier qui a toujours été une de mes grandes passions. Je rénove des biens complètement délabrés pour en faire soit des bureaux, soit des appartements modernes.

tarik hamiche

Il me semble que la première fois que tu as vraiment pu remplacer durablement ton salaire par un revenu 100% issu de la musique, c’était via la vente de beats en ligne.

Est-ce selon toi la meilleure manière de commencer à monétiser sa musique en tant que producteur ? Quels sont tes conseils pour réussir dans ce domaine ?

Oui j’ai commencé comme beatmaker au début des années 2000 et, ayant beaucoup de mal à entrer en contact avec des labels ou des artistes, j’ai tenté de copier le modèle américain de la vente de beats en ligne. Et pendant assez longtemps c’était très infructueux, mes revenus allaient de 50€ à 150€ par mois.

Et puis Internet a connu une véritable explosion, et j’ai profité de la vague MySpace. Ce qui était magique à l’époque c’est qu’on pouvait entrer en contact avec n’importe quel artiste et lui proposer des beats. J’ai commencé à me créer un beau fichier client et je suis rapidement passé à plus de 1500€/mois en quasi automatique.

Mon conseil aujourd’hui pour réussir dans la vente de prods en ligne c’est de se distinguer par la qualité de son marketing. Parce qu’il y a encore plus de clients potentiels qu’à mon époque, mais aussi plus de concurrence. Ça veut dire que le gâteau est 100X plus gros, mais qu’il est plus difficile d’en tirer profit, sauf si on sait précisément comment s’y prendre.

Ce que j’aime beaucoup dans ton parcours c’est que très souvent tu es allé te battre pour obtenir les opportunités que tu voulais, même si ça signifiait essuyer des refus par dizaines et trouver des méthodes détournées pour y arriver.

Est-ce qu’il faut être un acharné pour réussir dans cette industrie selon toi ? Et plus largement, est-ce que tout le monde peut vraiment générer 1500€ par mois avec sa musique comme tu l’affirmes parfois ?

Oui il faut être déterminé et combatif. En 2006, lors d’une session studio à Paris, j’ai rencontré un producteur de R&B qui me racontait comment il avait réussi à placer une de ses compos sur l’album d’Alicia Keys. Il a su qu’elle avait réservé 4 jours de studio à Paris, il s’est pointé au studio 1 semaine avant, il a supplié les ingénieurs du son de le laisser assister à la session. Après une bonne dizaine de refus, ils ont fini par accepter.

Ensuite, il a tenté à plusieurs reprises de faire écouter sa prod pendant la session, mais en vain à cause d’un manager monté comme une armoire à glace qui faisait barrage. Puis à la fin de la session, il l’a suivi dans la rue, puis est monté dans un taxi pour la suivre jusqu’à son hôtel. Et devant sa détermination, la star a fini par demander à ce qu’on le laisse passer, il a pu mettre son CD dans la voiture et elle a tout simplement adoré !

Là où beaucoup se seraient arrêté au premier refus, ou n’auraient peut-être même jamais essayé, il a fait preuve de courage et de combativité et aujourd’hui encore les royalties qu’il touche de ce seul morceau lui permettent de vivre tranquillement dans un 90m carré en plein Paris sans se soucier du lendemain.

Je suis convaincu que tout artiste de talent, qui présente un projet abouti est capable de vivre de sa musique si (1) il trouve le bon business model adapté à sa musique et en cohérence avec ses valeurs et (2) s’il est suffisamment combatif pour faire face aux épreuves qui l’attendent.

N’oubliez pas qu’il suffit d’un morceau, d’une rencontre, d’une opportunité pour que tout change. Pour mon ami ça a été une course poursuite dans Paris…

À l’échelle de l’industrie, il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus… Quelles sont selon toi les 3 plus grosses lacunes des musiciens qui se lancent aujourd’hui dans le monde de la musique ?

La première qui fait défaut à beaucoup c’est le manque de connaissances dans notre industrie.

Parce qu’on est beaucoup à avoir appris la musique en autodidacte, on se pense capable d’apprendre le marketing et le business en autodidacte également, mais je pense que c’est impossible. Comme un crayon a besoin d’être tenu par la main pour écrire, j’ai eu besoin qu’un mentor me tienne par la main pour me construire.

Et de tous les artistes et producteurs que j’ai eu la chance de croiser ou de côtoyer, je n’en connais aucun qui s’est construit seul, sans accompagnement par un tiers plus expérimenté dans cette industrie.

Le second défaut que je croise beaucoup c’est l’incapacité de se regarder dans une glace.

Tout artiste croit que sa création est la meilleure du monde, comme tout parent trouve que son enfant est le plus beau. C’est le public qui aura le dernier mot. Un artiste incapable d’aller chercher de feedback et/ou de l’accepter est voué à l’échec.

Le troisième, c’est l’absence de plan.

J’accompagne aujourd’hui plus de 600 artistes et producteurs et au moins 70% de ceux qui n’ont pas de résultats ont le défaut de produire beaucoup et quand leur album est enfin prêt, c’est la fin du parcours.

C’est-à-dire qu’ils sont capables d’investir plusieurs milliers d’euros et plusieurs mois ou années dans un album, mais n’ont aucun plan pour le défendre. Ils refusent d’investir dans des clips et dans un budget marketing conséquent pour en assurer la promotion. Ce qui les amène à se dire ” Bon bah ça n’a pas marché, j’en refais un autre…”.

D’ailleurs, fort de ton expérience et de celle des artistes et contacts, pour toi vaut-il mieux rester indépendant ou chercher la signature en label sur le long terme ?

Les Majors ont une force de frappe incroyable, c’est certain. Mais la vraie question c’est : vaut-il mieux être la priorité absolue ou le numéro 97 sur une liste de 100 ?

Si tu deviens l’objectif N°1 d’une Major, alors tu devrais signer sur le champ. Si t’en as pas la certitude, alors abstiens-toi et utilise d’autres méthodes pour développer ta visibilité seul. Dans tous les cas, quand tu auras atteint un niveau de visibilité suffisamment intéressant, la case maison de disque sera à considérer avec réflexion parce qu’au risque de me répéter, les majors ont une force de frappe incroyable.

En parallèle de tes activités musicales, tu proposes des formations aux métiers de l’industrie musicale. Peux-tu nous en dire en plus sur ton programme Producteur et Artiste à Succès 2.0 ? À qui est-ce que cela s’adresse et de quoi s’agit-il ?

La Formation Producteur et Artiste à Succès est précisément le genre de formation que j’aurai adoré suivre quand j’ai commencé parce que ça m’aurait évité de perdre beaucoup de temps et beaucoup d’argent.

Quand j’ai du réserver ma première session studio, je n’avais aucune idée des tarifs pratiqués, quand j’ai du engager mon 1er attaché de presse, je n’avais aucune idée de qui était bon, qui était mauvais et combien ça coutait, etc., etc. En fait à chaque étape, soit on sait préciser quoi faire, comment et avec qui, soit on y va au p’tit bonheur la chance et à l’intuition. Avec la Formation PEAS, plus de hasard. Tout est sous contrôle.

Elle s’adresse à tous les artistes en auto prod ou tous les producteurs en devenir qui souhaitent vivre de leur musique, se professionnaliser et développer leur visibilité. Tous ceux qui font de la musique, mais se heurtent à un plafond de verre dès qu’il s’agit de la vendre. Le problème vient très souvent d’un manque de méthode ou de l’absence d’outils et de réseau. La formation PEAS leur apporte les réponses qu’ils attendent.

D’où t’es venu l’envie de devenir formateur en Music Business ?

En fait je l’ai toujours fait. J’ai toujours été le gars qu’on appelle dès qu’on a une question ou un problème.

J’avais déjà apporté mes conseils à de nombreux artistes et producteurs avant même de penser créer cette formation, je le faisais naturellement et avec plaisir parce que j’estime qu’on mène tous le même combat. Un jour, une chanteuse m’a dit “Tu devrais écrire un livre qui sert de guide aux futures générations d’artistes qui arrivent “. Ça a fait écho chez moi.

En parallèle de ça, je suivais déjà des formations en ligne sur le marketing, la gestion d’entreprise et le développement personnel. Ça a fait tilt, je me suis dit plutôt qu’un livre, pourquoi ne pas condenser tout mon savoir et toute mon expérience dans une formation audio visuelle accessible par tous depuis n’importe où dans le monde. Et le projet a pris vie.

formation producteur et artiste a succes

Proposes-tu d’autres programmes et services en parallèle de PEAS ?

Oui, à la demande des premiers artistes qui m’ont fait confiance j’ai développé une formation qui s’appelle BOOKING ILLIMITÉ dans laquelle je détaille toutes les techniques qui m’ont permis de vendre pour plus de 1.2 Million d’euros de vente de prestations en l’espace de 5 ans. Et récemment j’ai développé le programme YOUTUBE BOOSTER qui aide les artistes à développer leur visibilité sur Youtube et à transformer leur chaine youtube en véritable machine à vendre.

Et actuellement, je travaille à la création d’une convention Music Business qui devrait avoir lieu fin Mars 2020 à Paris. Cette convention réunira beaucoup de professionnels du disque ainsi que quelques producteurs légendaires qui viendront partager leur expérience sur scène et au cours d’un cocktail dinatoire en fin de journée. J’aurai l’occasion de t’en reparler.

Au travers de ton parcours, on note à quel point la formation a été un moteur de développement pour tes projets. Quelles ressources recommandes-tu aux musiciens et producteurs en dehors des programmes en ligne pour mieux comprendre le monde la musique ?

Pour mieux comprendre l’industrie musicale, je n’en ai pas vraiment parce que j’ai tout appris soit sur le terrain, soit en interrogeant des professionnels plus expérimentés.

Néanmoins, j’ai beaucoup appris de l’Irma à mes débuts. Et les organismes comme l’Adami ou la Sacem sont aussi, et de plus en plus, une véritable bibliothèque riche d’informations.

Vu les tendances des dernières années, selon toi à quoi ressemblera l’industrie musicale dans 10 ans ?

Aucune idée ! Aux vues des articles que j’ai lus récemment, j’imagine que dans 50 ou 100 ans l’intelligence artificielle aura pris une place importante, mais prévoir ce qui se passera dans dix ans, j’en suis totalement incapable.

Justement, quels sont tes projets pour la suite de Producteur à Succès ?

La convention Music Business que je prépare pour 2020 sera ma priorité ! J’ai également pratiquement terminé l’écriture d’un ouvrage qui je l’espère servira de guide à des millions d’artistes, et puis j’ai pour projet de créer une fondation soutenue par quelques gros mécènes pour financer le développement d’artistes prometteurs. Certaines fondations ont donné naissance à de véritables stars dans la photo ou dans la peinture, je pense qu’on doit pouvoir le faire aussi dans la musique.

Où est qu’on peut te retrouver si on souhaite en savoir plus sur tes services ou ton actu ?

Je vous donne RDV sur ma chaine youtube www.youtube.com/producteurasucces pour découvrir des dizaines de vidéos-conseils sur l’industrie du disque, sinon n’hésitez pas à me contacter par mail à tarik@producteurasucces.com je réponds à tout le monde, aussi vite que possible !

Un dernier conseil pour la route ?

Continuez de suivre Marketingmusical.fr ! Je trouve Guillaume que t’es un mec génial pour des gars qui veulent en savoir plus sur cette industrie, mais qui ne savent pas vraiment par où commencer, et qui n’ont pas forcément le temps d’accorder quelques semaines à une formation en ligne.

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