Comment Devenir Intermittent du Spectacle ? (Guide)

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Quand on arrive dans le monde du spectacle, se faire une place est certainement ce qu’il y a de plus difficile : qu’on soit un musicien qui intègre des groupes ou un technicien qui se retrouve sur ses premiers « plans » de tournée, la plupart du temps on ne sait pas combien de temps ça durera ni ce qui viendra derrière.

D’où l’importance d’être curieux, de se montrer disponible et ouvert aux propositions.

Être ouvert aux propositions pour commencer

Car si le rêve de tout musicien serait a priori de vivre de sa musique, ce n’est certainement pas la voie la plus simple pour débuter dans l’intermittence. D’abord, on se retrouve confronté à la difficulté de vendre un projet que personne ne connait, et dont les chansons ne sont pas connues, dans des réseaux de diffusion qui souvent sont déjà bien remplis.

Multiplier les projets

Beaucoup de musiciens intermittents optent pour la multiplication des projets : accompagnateur dans des groupes, animations et reprises, spectacles pour enfants, etc.

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En effet, il est assez souvent question de s’adapter aux demandes des organisateurs : certains ont besoin de musiciens pour animer des cocktails, des mariages, des soirées privées, et ceux-ci se tourneront plus facilement vers des groupes de reprises, orchestres de bal que vers de jeunes groupes aux compositions encore confidentielles.

Même si au départ, vous n’aspirez pas forcément à reprendre les classiques de variétés, n’oubliez pas que beaucoup de musiciens que vous admirez sont passés par là ! Et on ne peut que difficilement nier l’aspect formateur qu’il y a à devoir apprendre des morceaux à la demande pour pouvoir les reproduire sur scène en très peu de temps.

Ne pas être trop exigeant

Il faut savoir s’adapter également aux conditions scéniques !

Certains lieux, même les salles, ne sont pas forcément adaptés pour recevoir vos rêves de création scénique les plus fous, et il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs : tant que vous n’avez pas une équipe de tournée, des techniciens qui travaillent sur votre projet, il sera difficile d’imposer ce qui sera vite considéré comme une folie : attendez encore un peu pour les écrans géants et les effets pyrotechniques !

Apprendre les différentes facettes du métier

Enfin, on peut parfois se retrouver à devoir faire des choses dont on n’a pas l’habitude ! Des guitaristes qui passent au synthé, des musiciens qui doivent faire des chœurs dans leur nouveau groupe, etc. L’important est donc de ne pas se fermer des portes soi-même en refusant ce qui nous fait un peu moins rêver.

Dans le cadre de soirées privées d’animation, par exemple, ce sera la plupart du temps aux musiciens qu’il appartiendra d’installer le matériel, de faire les réglages son et lumière, et évidemment de désinstaller à la fin de l’événement : ne rechignez pas à la tâche et voyez plutôt ça comme une occasion d’apprendre de nouvelles compétences, qui vous permettront peut-être de déboucher sur d’autres plans !

De bonnes journées vous attendent, mais c’est en montrant votre sérieux dans ce genre de situations que vous vous ferez une réputation et vous ouvrirez des portes vers d’autres opportunités.

Le sérieux et la rigueur : les clés pour qu’on vous rappelle

Bâtir son réseau

Comme précisé juste avant, c’est en montrant votre sérieux et surtout en restant agréable et professionnel en toutes circonstances que vous mettrez toutes les chances de votre côté pour être rappelé. Ça ne parait peut-être pas comme ça, mais le bouche à oreilles fonctionne plus qu’on ne le pense.

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Si vous animez un mariage et que les mariés sont satisfaits de votre prestation, ils en parleront autour d’eux et n’hésiteront pas à vous recommander. Si vous animez un cocktail ou une réception, l’organisateur vous rappellera pour d’autres événements, et ainsi de suite : c’est ainsi que votre réseau se formera progressivement.

De même, il peut vous arriver d’être remplaçant dans un groupe, parfois dans des conditions précaires, et si tout se passe bien, le groupe qui vous emploie aura toutes les raisons de faire appel à vous à nouveau en cas de nouveau remplacement, ou si un membre les quitte, et c’est à ce moment-là qu’il faudra discuter du cachet que vous espérez — si toutefois ça n’a pas été fait avant.

Savoir mettre son ego de côté

Parfois, il peut arriver que certains concerts ne se passent pas du tout comme vous l’auriez imaginé : l’ingénieur du son présent sur place n’a pas beaucoup de temps à consacrer à vos balances, l’organisateur n’a pas pensé à vous garder de repas…il peut y avoir beaucoup de raisons pour être décontenancé, voire agacé.

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Toutefois, il est hyper important de ne pas vous laisser griser par ce genre de désagréments. Même si vous êtes irrité, préférez aborder les problèmes avec calme et politesse, car le plus souvent votre interlocuteur ne se sera tout simplement pas rendu compte des manquements à votre égard, parce qu’il a beaucoup de choses à penser.

Si vous allez directement au conflit, vous avez toutes les chances que ces personnes ne veuillent plus travailler avec vous à l’avenir, et pire, qu’elles parlent de cette mauvaise expérience autour d’elles, ce qui n’aura d’autre résultat que de vous mettre des bâtons dans les roues.

N’oubliez pas dans tous les cas que l’essentiel, c’est que l’auditoire passe un bon moment : aucune raison donc de lui faire subir les conséquences de ce qui vous a contrarié, le public n’a pas à savoir ni même à sentir que les choses ne se passent pas selon vos envies.

Si vous trouvez le son mauvais par exemple, ne perdez pas de vue que le public n’a pas forcément la même écoute que vous, et ne se rendra pas systématiquement compte de ce qui vous a sauté aux oreilles.

Être adaptable

Pour revenir sur cette question d’adaptabilité abordée plus haut, certaines demandes peuvent parfois être faites au dernier moment (l’organisateur qui demande des chansons qui ne figurent pas dans notre répertoire, qui change l’ordre des groupes, etc.) : gardez à l’esprit que même si ça vous place dans une situation inconfortable, chaque effort que vous ferez pour honorer ces demandes sera grandement apprécié, ce qui ne peut que vous rendre service !

Pour résumer, en quelques mots : sérieux, rigoureux, professionnel, adaptable et agréable !

La question administrative : la nécessité de savoir compter ses heures

Maintenant que vous êtes un exemple de bonne conduite et de courage, reste à connaître l’aspect le plus important de ce métier : la question administrative. En effet, quand on cotise pour sa première année d’intermittence, il faut apprendre à maîtriser de nombreux détails au milieu desquels on peut vite se sentir dépassé !

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Commencez par prendre rendez-vous avec Pôle Emploi pour leur faire part de votre intention de devenir intermittent, afin de créer un compte demandeur d’emploi : il faudra ensuite vous actualiser à chaque fin de mois sur leur site entre le 27 et le 15 du mois suivant.

N’oubliez pas de vous actualiser, sinon vous serez radié et il faudra alors vous réinscrire.

Savoir compter ses cachets

Tout d’abord, le statut d’intermittent s’obtient sur une période d’une année glissante, c’est à dire concrètement que vous avez un an devant vous pour faire les 507 heures de travail nécessaires à l’obtention du statut.

Mais tous les cachets ne se valent pas en nombre d’heures : les cachets artiste, les plus fréquents quand on est embauché en tant que musicien ou chanteur, comptent systématiquement pour 12 heures. Mais attention au piège !

Il faut bel et bien vous faire déclarer un cachet d’artiste, et non un cachet de 12 heures, qui lui est prévu pour d’autres emplois (les techniciens peuvent avoir des cachets de 8 heures, 10 heures, 12 heures, etc.) dépendant parfois d’une autre annexe.

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Pour y voir clair, on ne saurait que trop vous conseiller de toujours savoir combien d’heures vous avez effectuées depuis le début de votre période en cours, et combien vous avez prévu d’en effectuer dans les mois à venir. Ainsi plus vous avancerez dans votre période, plus vous saurez combien il faut que vous trouviez de concerts dans le temps imparti.

Pour ce faire, vous pouvez tenir un tableau fait maison si vous êtes suffisamment organisé. Sinon, des applications comme mescachets.com existent pour vous aider à calculer où vous en êtes, et même à calculer votre taux d’indemnisation journalier.

Enfin, si vous voulez être sûr que vos cachets ont bien été validés, vous avez accès sur votre espace Pôle Emploi au détail de vos mois précédents.

Pour finir, le plus important est de bien faire la différence entre le salaire brut et le salaire net. Car même si ça ne représente pas ce que vous touchez en net, c’est bien le montant brut (comprenant donc les cotisations sociales) qu’il vous faudra utiliser pour vous actualiser sur Pôle Emploi.

Certains organismes vous demanderont en revanche votre montant net, restez donc attentif à chaque demande d’informations.

Devenir intermittent, mais surtout… le rester

En conclusion, le statut d’intermittent semble souvent inatteignable dans un premier temps, et se lancer dedans nécessite beaucoup de sérieux.

Ceci dit, une fois le statut obtenu une première fois, la nécessité de le renouveler l’année suivante fait que vous rentrerez rapidement dans une logique d’élargissement — et de maintien — de votre réseau professionnel et développerez certainement des habitudes administratives, ce qui semble être un moindre effort pour vous dégager du temps à consacrer au développement de vos projets personnels !

 


Article rédigé par Jean-Baptiste Caterino pour MarketingMusical.fr.

Jean-Baptiste Caterino est musicien depuis son plus jeune âge. D’abord violoniste classique, il se passionne pour la guitare électrique et forme ses premiers groupes de rock à l’âge de 13 ans. Après être passé par l’école de musiques actuelles ATLA de laquelle il sort diplômé en chant-guitare et avoir multiplié les participations à divers projets, il se consacre à Bei-Jing, son projet personnel orienté rock-électro.

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