Comment Vendre Légalement Vos Reprises (Covers) de Chansons Originales ?

Et si on parlait du cas épineux des reprises musicales et plus particulièrement de leur monétisation ?

Je fais cet article notamment en réponse à Brian, qui me dit :

« Je suis pianiste et je compte faire un album instrumental avec des reprises et des morceaux originaux. La question que je me pose est la suivante, est-il possible de vendre des reprises instrumentales sans en avoir reçu la permission. »

Alors tout d’abord, je souhaite préciser que je ne réponds jamais aux questions d’ordre juridique (administration, droits d’auteur, etc.), simplement parce que ce n’est pas mon domaine d’expertise. Je ne suis pas juriste.

Néanmoins, j’ai choisi de répondre à la question de Brian parce que beaucoup de musiciens se la posent et que ça me permettra d’aborder un sujet lié à sa question dont on parle peu dans un deuxième temps.

Alors comment fait-on pour vendre des reprises, qu’elles soient instrumentales ou non, notamment sur les plateformes de musique en ligne ?

1. Comment vendre des reprises légalement ?

Tout d’abord, il faut savoir que de nombreuses plateformes comme iTunes ou Amazon Music n’acceptent plus les reprises, afin que les clients ne les achètent pas par erreur en pensant obtenir l’original.

Ils ont stoppé cela et apparemment de plus en plus de plateformes prennent cette direction.

Une fois qu’on a ça en tête, il faut comprendre que pour une reprise fidèle d’un titre (c’està-dire où globalement vous n’altérez pas la mélodie, les paroles ou la structure, mais où vous pouvez changer le style, le tempo, l’instru ou encore la tonalité), vous n’avez PAS besoin de permission de la part des auteurs de la version originale pour commercialiser sur le territoire européen.

Cependant, si votre reprise est trop différente de l’original, comme certainement dans le cas de Brian, il s’agit alors d’une adaptation et elle doit être autorisée par ses éditeurs.

Pour les remix c’est une tout autre histoire, vous devez obtenir l’autorisation de l’auteur, de l’éditeur et du label pour chaque sample.

Donc si on prend le cas qui intéressera la majorité d’entre vous, c’est-à-dire pour une reprise classique, vous n’avez pas besoin d’autorisation.

Ce que vous devez faire c’est simplement de mentionner dans les métadonnées, les éditeurs, les paroliers et les compositeurs du titre original lors de la mise en ligne de votre reprise pour une distribution en Europe.

Cela leur permettra de recevoir les droits d’auteur liés à la commercialisation.

Pour cela, si vous avez un doute quant aux ayants droit, allez voir du côté du répertoire des oeuvres de la Sacem ou bien contactez directement l’éditeur.

Dans le cas d’une diffusion uniquement digitale, les plateformes de musique en ligne paieront les droits de reproduction numérique à la Sacem.

Mais si vous souhaitez en faire une version physique, vous devrez payer les droits SDRM au pressage.

loudr reprise cover

Toutefois, tout cela s’applique dans le cas d’une distribution en Europe.

Si vous voulez vendre sur le territoire américain, puisque les distributeurs digitaux nous le permettent très facilement, vous avez besoin d’obtenir une licence sur un site spécialisé en payant les droits de reproduction.

Je vous recommande notamment le site Loudr.fm qui vous permettra pour quelques dizaines de dollars de vendre légalement et très facilement vos reprises.

2. Le véritable intérêt des reprises pour votre carrière

Ceci étant dit, il faut que vous compreniez que l’intérêt des reprises ne réside pas dans leur potentiel économique, mais dans leur ciblage et leur viralité.

En effet, et c’est ce que je voulais voir avec vous, je vous déconseille vraiment de penser à toutes ces questions juridiques dans un premier temps.

Ne vous prenez pas la tête à chercher comment vous feriez pour vendre cela si vous n’avez déjà une communauté intéressante de fans.

Vous ne risquez absolument rien à publier vos reprises directement sur Youtube et c’est ce que je vous encourage vivement à faire.

Comme on l’a vu dans un autre article, les reprises sont absolument excellentes pour une chose : non pas pour devenir une source de revenus à part entière, mais pour vous faire gagner de manière ciblée et efficacement en fans et en visibilité.

L’intérêt des reprises, ce n’est pas de vendre mais c’est d’attirer, pour ensuite fidéliser l’audience.

Ainsi, ne sautez pas des étapes, ne réfléchissez pas trop à tout cela, car ça pourrait freiner votre élan créatif.

C’est intéressant de savoir comment procéder pour monétiser vos reprises, mais maintenant je vous invite à vous poser sérieusement la question de votre stratégie vis-à-vis des reprises :

  • Quels titres ?
  • Quelle fréquence ?
  • Quelle touche personnelle ?

Car c’est en réfléchissant vraiment à cela et en commençant à publier régulièrement vos reprises, que vous obtiendrez un meilleur retour sur investissement que quelques streams Spotify ou quelques ventes sur Bandcamp.

Conclusion

Si vous démarrez sur Youtube, oubliez la monétisation et les droits d’auteur dans l’immédiat et voyez les reprises avant tout comme une tactique pour attirer du monde.

Pour plus de conseils sur Youtube pour les musiciens, je vous encourage à découvrir cet article ou bien à télécharger votre guide gratuit au sujet des réseaux sociaux, en-dessous de cet article.

Musicalement,

Guillaume de Marketing Musical