The Voice, Nouvelle Star : Pourquoi Vous ne Devriez pas y Participer

Chaque année, des dizaines de milliers d’artistes s’empressent de s’inscrire pour participer à un télé-crochet comme The Voice ou la Nouvelle Star.

Mais cet engouement est-il vraiment justifié ? Est-ce même souhaitable que tant d’artistes en devenir décident de tenter leur chance à la télé ?

Concrètement, devriez-VOUS participer à ce type d’émission ?

Je n’en suis pas si sûr et je vous donne dans cet article plusieurs raisons de NE PAS participer à The Voice ou à la Nouvelle Star !

5 Raisons de ne Pas Participer à The Voice ou à la Nouvelle Star

1. Les vrais gagnants ne sont pas ceux que l’on croit

Jennifer, Kendji Girac, Fréro Delavega, Julien Doré, Matt Pokora, One Direction au Royaume-Uni…

On les connaît tous (malheureusement ?), ces artistes qui sont passés en quelques mois de l’ombre à la lumière grâce à leur participation à une émission télé.

Cette soudaine célébrité a inspiré depuis le début des années 2000 des centaines de milliers de chanteurs amateurs à suivre le même chemin. Est-ce une réussite ? Meh.

Pour un artiste qui gagnera durablement en visibilité grâce à ce type d’émission :

  • Combien de dizaines de milliers vont se décourager de faire carrière dans la musique après avoir eu le sentiment d’avoir « tout essayé » ?
  • Combien de milliers vont retenter leur chance à la prochaine occasion en ne comprenant pas qu’il y a d’autres moyens (certes moins rapides) de réussir dans la musique ?

Si l’on part du principe que seulement un chanteur sur 10 000 connaîtra un certain succès, les vrais gagnants de ce type d’émission se trouvent bien évidemment ailleurs.

Il s’agit tout d’abord des chaînes de télé. Il s’agit d’une très bonne manne financière à la fois en termes de revenus publicitaires, de sponsoring et du jackpot que représentent les appels et SMS surtaxés (votes du public).

Mais le plus gros coup de poker, c’est celui des majors (Universal Music en tête) à qui on offre la plus grande et formidable étude de marché possible à une échelle nationale.

Imaginez : pendant des dizaines de semaines, on présente devant des millions d’acheteurs potentiels des « échantillons » d’artistes.

Le public va alors s’attacher à certains et éliminer les autres, pour finalement que celui ou celle qui plaît au plus grand nombre devienne le produit d’une énorme entreprise en quête de profits immédiats.

Il ne reste alors plus qu’à sortir un album et produire une tournée pour rentabiliser tout cela. Alors, heureux ?

Attention, je ne suis pas ici pour critiquer le système capitaliste ou la toute-puissance de ces labels. Je souhaite simplement vous faire comprendre à qui vous vous adressez réellement.

2. Vous ne contrôlez pas votre image

Un télé-crochet, c’est surtout du divertissement.

Le but premier n’est pas de vous mettre en avant (surtout si vous n’atteignez pas les dernières étapes), mais bien de « divertir » les téléspectateurs.

Cela passe par de l’humour, un rythme rapide, du suspens, de la dramatisation, des codes à respecter, etc.

Et l’art et l’artiste là-dedans ?

C’est assez secondaire et c’est d’ailleurs pour cela qu’il est fortement recommandé que vous signiez d’entrée de jeu un contrat stipulant que vous renoncez à plusieurs de vos droits, dont la possibilité de vous retourner contre la production.

Il en résulte que l’on peut faire ce qu’on veut de votre image, sans votre autorisation et que vous ne pouvez rien dire. Vous jouez selon leurs règles.

S’ils manipulent vos interventions au montage dans le but de vous faire passer pour ce que vous n’êtes pas ou d’amplifier un trait de caractère, tant pis pour vous.

3. Il ne s’agit que d’un tremplin, pas d’un objectif de carrière

télé-crochet\te.le.kʁɔ.ʃɛ\ : (Audiovisuel) Concours de chant télévisuel.

Ces émissions de divertissement sont tellement populaires qu’on en oublie qu’il ne s’agit que de « tremplins musicaux ».

Cela ne remplace pas une carrière.

L’industrie musicale, ce n’est pas comme que ça marche et il ne faudrait jamais que l’on croie que les télé-crochets sont la norme pour réussir.

C’est absolument trompeur et mensonger de faire croire que cette aventure se suffit à elle-même.

Et pour preuve, même les gagnants ne connaissent pas tous le succès et la célébrité. Beaucoup sont ceux à revenir à une vie normale, faute d’avoir pu transformer l’essai.

Regardez seulement l’exemple (parmi tant d’autres) de Magalie Vaé qui a du mal à redécoller depuis sa victoire à la Star Academy ou bien cet article d’Emma Daumas.

Remporter un télé-crochet offre une visibilité instantanée, mais terriblement éphémère.

4. Ces émissions propagent des idées fausses quant à la musique et à l’industrie

Arrêtons-nous un moment et posons-nous une question. Est-ce que la musique devrait être une compétition ?

Peu importe vos intentions et vos valeurs, ces émissions vous promettront toujours la fortune et la célébrité en échange d’une compétition acharnée. Dans la vraie vie est-ce que cela marche comme ça ?

De ce que j’ai vu, la musique est un lieu d’échange, de partage et de collaboration. Une conversation, pas un combat.

Cette pseudo-méritocratie a seulement pour but de créer de plus grands enjeux, notamment pour le spectateur, à qui on donne le rôle de juge.

Ainsi, seule la victoire absolue importe vraiment. Si vous ne finissez pas premier, on vous oubliera deux à trois mois après la fin de l’émission.

Mais alors comment fait-on pour déterminer si l’un mérite plus de gagner qu’un autre ?

On se différencie ou on innove. Et cela peut rapidement partir dans la surenchère, dans les extrêmes, afin capter l’attention et de devenir mémorable.

Après tout, ces émissions véhiculent également l’idée que pour réussir dans la musique il faut être une star, une célébrité. Du moins, c’est ce que l’on promet au grand gagnant.

Mais la vérité est qu’au final on vous connaît davantage pour votre médiatisation que pour votre art, votre musique et votre univers.

Est-ce ce que vous voulez ? Apparaître dans les magazines people pour vendre votre musique ? À vous de voir à quoi vous voulez être associés.

Car remporter une de ses émissions est une étiquette que vous garderez pendant très longtemps et dont il sera difficile de se défaire.

Sachez en tout cas que vous pouvez vivre de votre musique sans être « célèbre », si c’est vraiment ce que vous recherchez.

5. Il y a bien d’autres manières de réussir dans la musique

Soyons honnêtes.

Si vous souhaitez participer à ce genre de shows, c’est bel et bien pour réaliser votre rêve : devenir artiste pro.

Et il n’y a absolument aucun mal à vouloir prendre un raccourci, connaître la célébrité et devenir fondamentalement mainstream.

Mais pensez-vous qu’il s’agisse de la seule manière de réussir dans la musique ? La seule manière d’atteindre votre objectif ? Vous voyez où je veux en venir…

Aujourd’hui vous pouvez vivre votre rêve sans passer par un télé-crochet, sans label et sans manager.

C’est plus que possible et c’est la voie que décident d’emprunter de plus en plus de musiciens, de chanteurs et de groupes.

La plus grande différence cependant est que cela demande bien plus de travail et d’investissement.

Là où vous n’auriez qu’à vous soucier de votre présence scénique et de votre voix dans une de ses émissions, en tant qu’artiste indépendant vous allez devoir prendre du recul sur votre projet, agir au lieu de quémander et vous former directement aux outils et aux techniques qui marchent.

Cela demande du travail, mais c’est loin d’être impossible.

Tout dépend de vos objectifs, de vos ambitions et de votre capacité à surmonter les échecs.

dave grohl the voice

Amen.

Le Seul et Unique Cas où Vous Devriez Participer à un Télé-Crochet

Je vous demande de considérer tous les points mentionnés plus haut et de ne pas faire preuve de naïveté.

Certains professionnels cherchent à exploiter vos rêves et votre passion et il y a de très grandes chances que cela ne mène nulle part.

Pour autant, si vous comprenez que ce n’est pas la seule manière de réussir dans la musique, que vous prenez du recul, que vous avez une stratégie de long terme et que vous vous pensez que cela peut être un défi et/ou un gain de visibilité intéressant pour votre carrière, alors allez-y.

Dans tous les autres cas, ne perdez pas votre temps et apprenez aujourd’hui comment vraiment faire carrière dans la musique.

Si vous voulez en savoir sur Marketing Musical et la promotion pour les artistes indépendants, je vous invite à commencer pour vous inscrire ici et à me rejoindre sur la chaîne Youtube !

Musicalement,

Guillaume de Marketing Musical

  • Allie

    Bonjour Guillaume ! Je vous écris depuis le Brésil. Après avoir passé 12 ans à Paris, depuis 2010 je vis comme artiste indé et depuis trois ans, je suis retournée à mon pays pour continuer ce chemin. Ici au Brésil, les mecs sont bien largués au niveau de la professionalisation du musicien, et les réseaux d’indépendents sont très isolés, voir inéxistants pour la plupart de nous que les cherchons. Donc, je me dirige souvent vers les blogs français qui m’ont beaucoup apprise, à part mes formations parisiennes à la Manufature Chanson, Studio des Variétés, mon expérience chez le label Naïve et les plusieurs formations organisées par la Cité de la Musique. Merci pour ton contenu si riche et intéressant ! Je me suis inscrite sur ta chaîne YouTube et j’ai décidé de devenir ta lectrice. Bonne chance et j’espère développer un contact professionnel à la longue avec toi. Musicalement, Allie.

    • Bonjour Allie et merci pour ton message et ton intérêt !
      J’ai eu l’occasion de découvrir ton projet (notamment à travers ta chaîne Youtube) et j’aime beaucoup les couleurs et les sonorités de ton univers. C’est frais et généreux :)
      Je suis très peu familier avec l’état de l’industrie musicale au Brésil et en Amérique du Sud en général, mais il est indéniable que les structures françaises et les réseaux sont ici omniprésents dans le paysage musical. Je serais curieux de savoir comment tu as géré ce changement. As-tu dû revoir intégralement ta stratégie et tes objectifs il y a 3 ans ?
      En tout cas, je te remercie à nouveau et je vais faire de mon mieux pour que Marketing Musical t’aide dans ton parcours artistique, où que tu te trouves dans le monde ! D’ailleurs, n’hésite pas si tu as des questions en tête.
      Musicalement,
      Guillaume