Comment Produire et Vendre Gratuitement Vos Vinyles à Vos Fans ?

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À l’heure de la dématérialisation en masse et de la démocratisation du streaming, l’industrie musicale connaît actuellement une révolution sans précédent qui voit le support physique mis à mal en faveur du numérique.

Pourtant, tandis que le CD perd de plus en plus de parts de marché au fil des années, le microsillon connaît pour sa part une véritable résurgence depuis près d’une décennie.

Sauf que l’accroissement des ventes n’explique en rien la pertinence d’un tel support aujourd’hui, d’où la question : pourquoi, en 2016, certains artistes prennent encore la peine de publier leur musique sur vinyle ?

1. Le Vinyle, un support tendance

Alors que des services comme TuneCore assurent à un artiste, même indépendant, la distribution de son œuvre sur toutes les plateformes de vente de musique en ligne (d’iTunes à Spotify en passant par Tidal et Google Play), l’édition sur vinyle ne garantit en rien une quelconque diffusion de sa musique, notamment chez les revendeurs traditionnels.

Avec des frais de production plus élevés et une exposition bien moindre, le support vinyle ne semble pas représenter un investissement valable de prime abord.

Chacun sait pourtant que la question pécuniaire ne résume pas à elle seule les enjeux de la production musicale (quoique).

Là où la distribution en ligne ne se limite en général qu’à de simples fichiers audio, les supports physiques, et le vinyle a fortiori, bénéficient de toute une plus-value matérielle et graphique – dans le cas qui nous intéresse : artwork grand format, pochette glacée ou cartonnée, son plus rond, plus chaud…

En sollicitant les sens, l’objet dépasse le simple cadre musical et transcende son homologue digital.

Une forme de noblesse qui assure une certaine pérennité semblant indéniablement faire défaut au grand perdant de la révolution digitale : le CD.

Ce dernier est devenu incapable aujourd’hui d’attirer durablement un consommateur bénéficiant désormais d’un accès illimité à toute une pléthore de musique jusque dans son salon, et ce pour seulement quelques euros par mois.

À l’inverse, le vinyle a su quant à lui profiter de son caractère classieux et attrayant pour mobiliser les acheteurs et échapper à leur indifférence.

Le vinyle est donc loin d’être un support anodin et peut, en plus de constituer un argument de vente pour l’artiste, l’aider à se démarquer de la concurrence.

En offrant à ses fans la possibilité d’acquérir sa musique au format vinyle, celui-ci développe ainsi son identité au-delà des seules frontières musicales : graphisme, packaging ou encore concepts thématiques sont autant d’éléments qui étoffent l’univers d’un artiste, quel qu’il soit – et qui font que le vinyle plaît toujours autant.

Objet de collection, allégorie du vintage ou encore gage de qualité sonore sont ainsi autant de qualificatifs qui expliquent le retour en force du vinyle dans les bacs et sur nos étagères.

Le support a vu ses ventes doubler en l’espace de trois ans dans l’Hexagone (750.000 unités écoulées en 2015) tandis qu’outre-Atlantique, celles-ci ont littéralement explosé avec une progression de près de 1.250% entre 2005 et 2015 !

Le marché du vinyle ne s’est jamais aussi bien porté depuis son âge d’or, et celui-ci conforte de plus en plus son statut de support physique favori des fans de musiques en tous genres.

2. Quelles solutions pour les artistes ?

Une demande de plus en plus forte qui pousse donc les acteurs du domaine à augmenter leur production annuelle.

Il reste cependant difficile pour les artistes de suivre la cadence sans le support financier des labels – et bien que l’option de l’autoproduction existe, elle présente toutefois des contraintes aussi majeures qu’évidentes :

  • Il n’existe à ce jour aucun outil pour prévoir la demande sur les ventes de vinyles, entraînant irrémédiablement des cas de sous-/surproduction
  • Les artistes n’ont, en général, pas les moyens d’avancer les frais de production élevés d’un pressage de vinyles
  • De même, ceux-ci bénéficient de très peu d’avantages chez les professionnels du secteur : la fragmentation du marché rend difficile le repérage des meilleurs partenaires possibles et complexifie le processus de production

L’implication directe des fans dans ledit processus apparaît comme une alternative intéressante puisque désintermédiée : les fonds levés par les campagnes de financement participatif sont alors intégralement dédiés à l’avènement d’un projet et permet une relation financière basée sur d’autres critères que la recherche unique du profit entre l’artiste et ses mécènes.

La multiplication des projets financés par la communauté et portés à leur terme a ainsi su mettre en avant l’efficacité et le succès du crowdfunding – qui s’inscrit dans un mouvement plus global de consommation collaborative et de production participative.

Un modèle séduisant pour les artistes donc, mais aussi pour les labels qui, dans ce cas, n’ont plus qu’à assurer la promotion et la distribution d’un produit fini sans pour autant avoir à en financer la production.

Ce cas de figure reste néanmoins relativement rare, les artistes se retrouvant la plupart du temps sans partenaires pour vendre leur projet une fois la production achevée.

C’est par cette absence d’écosystème de partenaires que pèchent la plupart des plateformes dites « classiques », celles-ci n’assurant alors que la levée des fonds nécessaires à la production d’un projet sans en assurer ni la promotion ni la distribution.

En connectant artistes, labels et fans au sein d’une plateforme de précommande, Diggers Factory entend mettre en adéquation l’offre et la demande et propose une véritable alternative au circuit classique de distribution de vinyles.

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3. Diggers Factory : une plateforme communautaire de précommande

L’artiste, le label ou l’ayant droit désireux d’éditer un projet (album, compilation, réédition) au format vinyle le soumet sur la plateforme et fixe un objectif de ventes ainsi que le prix de son disque. C’est ensuite que la communauté entre en jeu puisque c’est aux « Diggers », ses membres, qu’il revient de donner vie à un projet donné et de le concrétiser.

En effet, ceux-ci pourront s’ils le souhaitent soutenir un projet de production en précommandant un ou plusieurs vinyles de l’artiste.

Dès que l’objectif de commandes est atteint, les Diggers sont avertis, la production est lancée et l’artiste reçoit sa marge – si l’objectif de commandes devait ne pas être atteint dans les délais prévus, les Diggers sont alors intégralement remboursés sans aucun frais.

Différents partenaires professionnels (pressage, graphisme, mastering, distribution, promotion, logistique) sont proposés en option aux artistes afin de réaliser un projet sur-mesure en adéquation avec leurs attentes – sans qu’ils aient à débourser un centime.

Ce sont les précommandes – et rien d’autre – qui assurent le financement de la production et de la distribution d’un projet sous condition que ce dernier atteigne son objectif de ventes.

Les Diggers sont alors assurés de recevoir directement chez eux, où qu’ils soient dans le monde, les vinyles préalablement précommandés sur la plateforme.

Les porteurs de projets, quant à eux, perçoivent leur part des recettes tout en conservant l’entière propriété intellectuelle de leur projet : ni les contributeurs ni Diggers Factory n’obtiennent de droit par rapport à la musique ou au produit concernés.

En réduisant de la sorte les intermédiaires entre artistes et fans, Diggers Factory entend rendre plus accessible le marché du microsillon tout en privilégiant la musique indépendante.

C’est désormais aux Diggers qu’il revient de s’unir pour produire et financer les artistes prometteurs de demain, et devenir ainsi des acteurs de premier plan d’une industrie du disque en pleine résurrection.

Article rédigé pour Marketing Musical par Alexis Castiel, fondateur de Diggers Factory.