Le Marketing Traditionnel Appliqué au Marketing Musical de l’Artiste

À l’ère du Musicpreneur, de plus en plus de musiciens se forment aux techniques du marketing musical afin de pérenniser et de promouvoir leur projet musical.

On peut constater que cela n’est plus un tabou de considérer son projet musical comme un véritable business, cherchant dans un premier temps la rentabilité.

Le musicien-entrepreneur (ou musicpreneur), qu’il soit indépendant ou non, prend en compte aussi bien l’aspect artistique que l’aspect commercial.

Cela signifie que le projet musical doit développer un vrai état d’esprit de start-up et pousser encore davantage la réflexion autour de son marketing.

Et la promotion ne se résume pas aux concerts et aux réseaux sociaux…

Dans cet article, nous allons revenir sur des concepts clés du marketing traditionnel que vous devriez appliquer dans votre stratégie musicale.

1. Le business model

Comment comptez-vous rentabiliser votre projet musical ?

Qui sont vos clients ? Quelles sont vos ressources ? Quelle est votre proposition de valeur ? Quelles sont vos sources de revenus ? Quels sont vos coûts ? Qui sont vos partenaires ? Quels sont vos canaux de distribution ?

Un business model (ou modèle économique) répond à toutes ces questions. Il décrit comment une entreprise crée, communique et échange de la valeur.

À bien des égards, il s’agit donc d’un concept immensément important pour votre carrière. Sans un modèle économique efficace et viable, un musicien ne pourra jamais vivre de sa passion.

Ce n’est pas parce que vous créez que l’argent viendra. Vous avez besoin d’une stratégie.

Ainsi, je vous invite à compléter votre propre business model avec vos hypothèses pour chacune des catégories.

Cela vous permettra pour commencer de mieux formuler la nature de votre activité, avant d’éventuellement effectuer des modifications.

business-model-marketing-musique

2. La minimisation des coûts

Un projet musical, tout comme une start-up, possède des ressources limitées pour avancer.

Cela signifie qu’il est nécessaire de prendre des habitudes strictes par rapport à votre budget dès le début, afin d’éviter la faillite.

Il est capital de minimiser les coûts, de tester différentes alternatives et de surveiller attentivement le retour sur investissement.

Est-ce un problème ? Pas du tout ! De nos jours, beaucoup d’outils sont totalement gratuits et cette limite ne vous aidera qu’à gagner en créativité.

Faites avec ce que vous avez aujourd’hui et n’investissez que si vous êtes certain que cela influera sur votre carrière.

3. Le MVP (Minimum Viable Product)

Le fait est que beaucoup d’artistes souffrent d’une maladie terriblement handicapante pour leur carrière : le perfectionnisme.

Le musicien moyen souhaite sortir l’album parfait avant de passer à la promotion et de penser à la rentabilisation.

Or il y a plusieurs problèmes avec cela :

  • Cela prend trop de temps
  • Les fans seront-ils assez patients ?
  • En attendant, comment le musicien va-t-il subvenir à ses besoins ?

Il est plus que nécessaire de sortir aussitôt que possible un produit de qualité acceptable (le « Minimum Viable Product »), de créer un mouvement autour de cela, puis de s’améliorer avec le temps.

Typiquement un artiste qui débute devrait toujours privilégier les démos et les EPs, avant de vouloir enregistrer en studio.

C’est comme cela que vous démarrez la machine, que vous obtiendrez du feedback et que vous commencerez à partager avec votre communauté.

mvp-musique

4. La vision du projet

De la même manière qu’une entreprise, vous devriez énoncer la vision derrière votre carrière pour les 5 à 10 ans à venir.

La vision de votre projet musical résume ce pour quoi vous faites de la musique, ainsi que tout ce qui a trait à celle-ci (message, univers, étapes importantes, style de musique, public ciblé).

C’est en ayant en tête une vision précise pour votre carrière qu’il sera bien plus évident d’atteindre vos objectifs en prenant les bonnes décisions.

Mettez à plat ce qui définit et guide votre carrière musicale.

5. L’analyse SWOT

Qu’en est-il de l’environnement dans lequel vous évoluez ? Votre vision se doit de répondre à un besoin formulé par une certaine audience et représentant une opportunité commerciale.

Y a-t-il de la place pour vous ? Sinon, comment vous différenciez ?

Pour cela, la SWOT est un outil extrêmement pratique pour analyser les facteurs pouvant influencer votre carrière.

SWOT est l’acronyme de Strengths (Forces de votre projet), Weaknesses (Faiblesses de votre projet), Opportunities (Opportunités) et Threats (Menaces).

Le but est d’identifier les opportunités et les besoins extérieurs qui correspondent à vos points forts, tout en minimisant vos faiblesses et les risques extérieurs qui pourraient ralentir votre progression.

De nos jours toutes les entreprises utilisent le modèle SWOT, alors n’attendez pas pour essayer !

swot-musique

6. L’analyse du marché

Qui sont vos fans potentiels ?

Maintenant que vous connaissez mieux votre stratégie et l’environnement dans lequel vous évoluez, vous devez comprendre comment trouver les personnes les plus susceptibles d’acheter votre musique et de venir à vos concerts.

L’idée est de se focaliser sur ces fans potentiels afin de cibler votre promotion et de personnaliser la conversation.

En effet, plus vous serez proches de ses fans potentiels, plus ceux-ci contribueront en retour.

Ainsi, je vous encourage à faire votre recherche et analyser vos fans actuels, de même que les fans des autres artistes et groupes dans votre style musical, voire dans votre niche musicale (scène locale).

Examinez leurs réseaux sociaux, leurs concerts et parlez à leurs fans. Avec le temps, vous comprendrez de mieux en mieux à qui vous vous adressez réellement.

7. L’adaptation au marché

Comme je vous le disais au sujet du MVP, il est important de toujours être dans la production, la recherche et l’apprentissage.

Cela inclut de développer, tester, mesurer, interpréter et ajuster vos produits et vos services en fonction des feedbacks que vous recevez de la part des fans et des pros.

Vous pouvez faire cela simplement en demandant sur les réseaux sociaux un retour honnête sur un produit ou bien après un concert en cherchant à connaître l’avis du staff et du public.

Le contenu de la réponse, mais aussi l’enthousiasme des répondants, vous permettront de savoir si vous avez besoin de modifier votre offre ou d’effectuer de nouveaux tests.

Cela vous aidera probablement durant vos futures prises de décision afin d’économiser votre temps et votre argent.

lean-startup-musique

8. L’analyse de la concurrence

Bien que je sois un fervent défenseur du fait qu’il n’existe pas de concurrence dans la musique, il est indispensable de faire de la veille et d’apprendre de la « compétition ».

Prenez une poignée d’artistes locaux et quelques artistes établis dans votre style musical et observez ce qu’ils font de bien et ce qu’ils pourraient améliorer.

Je ne vous conseille pas de reproduire à l’identique leur stratégie (ce qui est de toute façon impossible), mais plutôt de vous inspirer de leurs bonnes idées et de voir comment vous pourriez vous différencier.

Si les artistes locaux dans votre style musical peinent à impressionner une fois sur scène, cela signifie que vous avez l’opportunité de vous démarquer en mettant l’accent sur vos concerts.

Cela deviendra alors votre avantage compétitif sur le marché.

9. La bataille de l’attention

En tant que musicien, vous ne faites pas du « marketing » pour faire du « marketing ».

Vous devez exécuter les stratégies selon les modalités définies plutôt afin de capter l’attention de ceux qui peuvent vous aider dans votre projet musical.

Votre but est de vous faire remarquer par un maximum de personnes et de faire en sorte qu’ils se souviennent de votre nom et de votre son.

En effet, selon le modèle AIDA, l’attention est le premier ingrédient nécessaire pour obtenir l’intérêt (du fan ou du pro), puis le désir (d’acheter ou de s’associer) et enfin l’action (de l’intéressé).

Le souci est qu’aujourd’hui tout le monde se bat sur tous les terrains pour obtenir l’attention des personnes qui vous intéressent.

Vous devez donc faire preuve de créativité et proposer un message différent afin de faire entendre votre voix et de capter l’attention, à la place d’un autre.

methode-aida-musique

10. Le plan marketing

Enfin, il est temps de compiler toutes ces informations au sein d’un document complet prenant la forme d’un plan marketing.

Vous avez besoin d’écrire noir sur blanc les premiers résultats de vos recherches et les premières ébauches de votre stratégie musicale.

Un plan marketing est un document écrit qui sert de boussole lors d’une campagne promotionnelle, de guide durant une période de doutes et d’outil de communication avec les pros.

Pour autant, pour commencer, pas besoin de faire trop dans le formel, alors privilégiez l’essentiel : résultats de recherche, objectifs, stratégies, tactiques, vision, budget, planification, compétition, audience cible, etc.

Gardez en tête que ce document se doit de refléter votre avancement et doit donc être continuellement mise à jour en fonction de vos expériences et de vos apprentissages.

Conclusion

Votre projet musical est un business comme un autre. Vos fans sont vos clients, les pros sont vos partenaires, les autres artistes sont vos concurrents, etc.

Par conséquent, il n’y a rien d’étrange à vous former au marketing traditionnel, tant cela peut être bénéfique pour votre projet.

Musicalement,

Guillaume de Marketing Musical

  • Sandrine Dervillier

    Super intéressant ! Merci Guillaume.

  • Arena Blanca

    Bonjour Guillaume,

    Je voulais te remercier de m’avoir fait découvrir la théorie des 1000 fans de Kevin Kelly.
    Je partage également complètement le point de vue que tu exprimes dans cet article « le musicien est une startup ». J’interviens comme coach technique (agilité et programmation web) sur un startup weekend, et je cherchais justement si d’autres que moi avaient fait le rapprochement entre ces deux univers.

    Cette théorie du lean startup est complètement transposable au musicien, car comme le créateur d’une startup il doit gérer un risque d’échec très fort et il démarre sans business model. Sa première mission est d’explorer son marché, et c’est seulement une fois qu’il a compris son marché qu’il va pouvoir chercher ses early adopters. Ensuite il devra fair croitre sa fanbase à l’aide d’un moteur viral. C’est ce fameux moteur viral, graal du growth hacking, qui lui permettra de passer les étapes suivantes de son développement.

    J’ai découvert tes vidéos sur Youtube il y a 2 semaines.
    Le ton est parfois un peu forcé à mon goût, je préfère les vidéos où tu es plus naturel, moins VRP.
    Mais rassure-toi, l’un dans l’autre pas de souci : tu reste toujours authentique et crédible.
    Je découvre aujourd’hui ton site : c’est une mine de conseils formidable.
    Tes avis rejoignent ceux d’autres professionnels que j’ai croisé.

    Quand j’ai consulté des professionnels :
    – le 1er m’a conseillé de me développer par la scène. Je savais que ça ne me conviendrait pas, car nos moyens sont trop limités pour investir le temps nécessaire.
    – le 2nd m’a conseillé de me concentrer sur Facebook. J’avais des interrogations liées au fait que cela fait depuis décembre que nous travaillons ce réseau. Or, si nous avons eu rapidement des retours sur Instagram, Facebook par contre ne nous a pas permis de sortir du cercle des amis. Bon, il est vrai que ce n’est pas le réseau que je préfère personnellement.
    – le 3ème (toi, ou plutôt tes vidéos !) m’a conseillé de me concentrer sur Twitter. Ca tombe bien, c’est mon réseau de prédilection. J’avais démarré le test de hackisitor, mais les résultats n’étaient pas aussi pertinents que je le souhaitais. Il faudrait sans doute mieux travailler les filtres de l’outil. Et surtout, je n’aime pas l’automation en tant qu’utilisateur, donc je n’avais pas envie de l’infliger à mes contacts.

    Grâce à ta vidéo, j’ai commencé à croire à une hypothèse que j’avais (mal) testée : Twitter nous donne accès à la fan base d’autres artistes. J’avais fait quelques essais sur Instagram sans succès marquant, cela marchait un peu mieux sur Twitter, mais je n’y croyais pas vraiment.

    C’est fou comme le fait d’entendre quelqu’un valider une hypothèse que l’on avait peut booster notre motivation !
    En regardant ta vidéo, cela m’a motivé à essayer plus fort, à une plus grande échelle. En deux semaines, les résultats commencent à se faire sentir. Il n’y a rien de miraculeux, mais les chiffres sont là : environ 5% des fans d’autres comptes me suivent après que je les ai suivi. Et j’arrive à engager quelques interactions avec eux (like, RT, quelques échanges de tweets).

    Merci Guillaume. Ton service a une vraie valeur. Tes tarifs sont complètement adéquats et justifiés. Je ne me priverai d’ailleurs pas d’y avoir recours dés que cela sera pertinent pour notre stade de maturité !

    MiKL, guitariste de Arena Blanca

    • Salut MiKL,
      Tout d’abord je te remercie pour ton message qui me fait évidemment extrêmement plaisir à lire ! Content que tu te retrouves aussi dans le concept des 1000 true fans et du lean startup. Cette mentalité est une nécessité aujourd’hui pour avancer.

      J’adore le growth hacking et je recommande Twitter pour l’acquisition de fans à moindre coût, mais je suis avant tout un agnostique du web. Facebook a ses avantages (dont je vais parler en détail dans la prochaine formation héhé), mais c’est sûr qu’à votre échelle, vous n’irez pas bien loin avec un réseau social servant en général pour les groupes surtout à la fidélisation de la communauté.

      En tout cas, c’est super que vous ayez déjà des résultats intéressants sur Twitter. Continuez comme ça ! Maintenant il faut persévérer :)

      Ça sera un plaisir d’échanger avec vous à l’avenir, une fois que vous serez prêts pour aller plus loin ! Merci pour ton soutien et ton intérêt, et à bientôt !