Comment Signer un Contrat avec un Label de Musique ?

Signer avec un label de musique

Ça y est !

Vous vous sentez prêts à enfin aller plus loin dans votre carrière, avec le soutien d’un label de musique.

Un label de musique fournit des moyens logistiques et financiers aux artistes et groupes de musique en échange d’une part de leurs revenus.

Bien qu’il ne soit pas facile d’obtenir l’attention d’un label quand on débute, beaucoup d’artistes estiment qu’il s’agit d’un objectif en soi et se demandent comment arriver à cette étape cruciale.

Si c’est votre cas et que vous êtes prêt à fournir le travail nécessaire pour sortir de votre statut d’indépendant, voici quelques conseils pratiques pour signer un premier contrat avec un label de musique.

1. Ayez un projet musical fort et cohérent

Il est impossible de démarcher un label de musique sans savoir une approche professionnelle vis-à-vis de sa musique.

Cela concerne tout d’abord votre musique (créativité, rigueur, etc.), mais également votre univers et à quel point vous vous investissez dans votre projet et votre image.

Un label de musique ne donnera jamais de l’argent à un groupe qui part de zéro, juste parce qu’il est « prometteur ».

Ainsi, développez votre musique autant qu’il le faut avant d’aller plus loin :

  • Construisez un répertoire de chansons originales et de reprises
  • Répétez jusqu’à connaître vos chansons sur le bout des doigts
  • Composez constamment de nouveaux titres
  • Améliorez votre présence scénique

Le meilleur moyen pour savoir si votre musique est prête est de demander l’avis de personnes qui ne sont pas proches de vous et qui connaissent un minimum l’industrie. Dans ce cas, si plusieurs personnes pointent du doigt un même problème, il faudra le résoudre pour avancer.

Le plus tôt possible, faîtes-en sorte d’enregistrer une démo professionnelle à envoyer à l’avenir aux programmateurs, aux journalistes ainsi qu’aux labels.

Étant donné qu’il s’agit d’un investissement coûteux si vous passez par un vrai studio, il est important de bien planifier cela en avance, maîtriser votre budget, n’enregistrer qu’une poignée de vos meilleures chansons et tenter de rentabiliser un maximum.

2. Construisez une fanbase et une présence solide

Une fois que la musique en place, il est temps de démontrer le potentiel de votre projet musical en affrontant la réalité du terrain.

En effet, une nouvelle fois les labels de musique ne seront pas ou très peu intéressés par un projet qui ne tourne pas et/ou dont la fanbase est quasiment inexistante.

À ce titre, une des premières choses que fera le label quand vous le contacterez, sera de regarder votre présence en ligne et l’état de votre fanbase.

D’où la nécessité de faire une bonne première impression :

  • Construisez votre fanbase locale en jouant régulièrement des concerts dans votre ville et votre région
  • Bâtissez votre réseau et faîtes la première partie d’autres groupes similaires au votre
  • Créez une présence solide sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram au moins) et utilisez YouTube à votre avantage afin d’atteindre de nouveaux fans
  • N’oubliez pas de créer votre site Internet d’artiste et votre liste d’email
  • Ne négligez pas votre aspect visuel : photographies, logo, identité visuelle, etc.
  • Comprenez bien l’aspect commercial de ce métier et commencez à monétiser votre projet à travers la vente de musique et de merchandising (tshirts par exemple)

Une fois le projet assez développé, vous pourrez partir en tournée, participer à des festivals, des tremplins ainsi que gagner de la visibilité auprès des médias traditionnels (presse, radio, TV).

Signer avec un label

3. Mettez-vous à la place du label de musique

Plus que tout, un label de musique est un business comme un autre.

Le label à des coûts fixes et variables, cherche à générer du profit (et donc une marge sur votre projet) et doit parfois prendre des décisions difficiles pour assurer sa survie.

Ainsi, vous devriez comprendre que la première chose que les labels de musique recherchent sont des artistes avec un potentiel économique certain et fort et qui peuvent apporter des preuves de cela : un répertoire intéressant, une bonne connaissance de l’industrie et du marketing musical, une fanbase massive, un investissement individuel important, une relation fan-artiste profonde, etc.

Une fois cela en tête, il faut comprendre que tous les labels croulent littéralement sous les demandes.

Beaucoup reçoivent des dizaines voire des centaines de démos par semaine et ne peuvent tout simplement pas répondre et écouter tous les artistes. Il en résulte que les labels délaissent cette forme de contact et privilégient le réseau.

Ce que les labels de musique recherchent vraiment, ce sont des projets musicaux capables de générer beaucoup d’attention (et de « buzz ») afin de sortir du lot.

Les labels d’aujourd’hui n’ont plus le temps ni les moyens de développer un artiste ou un groupe en interne.

Il faut donc que ceux-ci construisent tout d’abord leur carrière en indépendant, tel que de véritables musicpreneurs.

Les labels viendront naturellement frapper à votre porte si vous pouvez bâtir une fanbase loyale et grandissante, vendre votre image de marque et gagner en visibilité sans leur aide.

D’où l’intérêt de MarketingMusical.fr !

La musique et le talent ne suffisent pas…

4. Sélectionnez vos cibles

En France et dans le monde, il existe des milliers de labels de musique prenant toutes les formes et signant tout type d’artistes.

Dans un premier temps, il est nécessaire de trier les labels avec lesquels vous voudriez travailler, en consultant leur catalogue pour déterminer si certains groupes similaires au vôtre y sont présents.

Établissez une liste de 7 labels intéressants et qui sont compatibles avec votre musique.

(Astuce : Rien ne sert de contacter en label de musique électro si vous faites du punk rock.)

Prenez le premier label de la liste et tâchez de trouver toutes les informations que vous pouvez sur celui-ci, notamment ses points de contact (réseaux sociaux, sites Internet, adresse email).

Attention !

N’ayez pas recours à l’adresse email généraliste du label trouvée précédemment avant d’avoir mené une petite enquête. Il est d’abord préférable de contacter un employé en privé.

Pour cela, il va falloir être en mesure de déterminer quelle est l’adresse email à utiliser pour atteindre un preneur de décision, sachant que plus le label est grand plus il est dur de trouver le bon interlocuteur.

Libre à vous d’utiliser les fonctionnalités de Facebook, Twitter, Google ou LinkedIn pour trouver une personne du label à même de vous aider et d’influencer votre démarche : A&R, directeur, fondateur, employé, etc.

Label de musique

5. Infiltrez le label

Comme nous l’avons vu dans le troisième point, si vous envoyez votre démo au label de la même façon que les autres, elle finira probablement à la corbeille.

Pour réussir cette difficile étape, il faut être déterminé et très pointilleux.

Si l’on part du fait que vous avez tout pour séduire le label (musique excellente, présence en ligne, image de marque cohérente, etc.), il va falloir « infiltrer » son réseau.

En effet, les employés du label sont bien plus enclins à écouter et promouvoir la musique reçue depuis leur propre réseau, plutôt que des démos avec lesquelles ils ne sont pas familiers.

Le but est de créer une proximité avec ses employés en montrant votre bonne volonté, en interagissant avec eux sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram) ou par email et en créant un dialogue.

Toutes ces petites choses vous aideront grandement une fois que vous souhaiterez envoyer votre démo.

N’essayez pas d’aller trop vite et ne spammez pas ces personnes. Prenez quelques semaines pour construire une vraie relation avant de tenter votre chance.

Grâce au contact que vous avez, envoyez des messages et emails qui ne cherchent pas à vendre votre groupe, mais juste à exprimer votre appréciation pour le label.

Une fois que vous recevez une réponse vous pouvez amorcer le dialogue et pourquoi pas rencontrer des employés en vrai.

Vous l’aurez compris, il s’agit de créer des liens amicaux et sincères, alors tâchez d’être honnête et cohérent afin qu’on ne pense pas que votre démarche était purement intéressée.

6. Envoyez votre musique

Il est grand temps d’envoyer votre musique. Pour cela il vous faut respecter quelques points clés :

  • Envoyez seulement de la musique 100 % originale qui n’est pas déjà publiée quelque part d’autre
  • Privilégier la qualité plutôt que la quantité : envoyez vos trois meilleurs titres au maximum
  • Envoyer un message personnalisé afin de ne pas apparaître comme un spammeur
  • Choisissez le bon format audio : éviter les formats lourds et préférez un simple MP3 en 320 kb/s
  • Remplissez la métadata de vos titres (tags ID3) : donnez toutes les informations sur vos chansons (titre, artiste, année, etc.) afin de faciliter la recherche.
  • N’envoyez jamais de pièces jointes : il est préférable d’envoyer un lien vers une plateforme streaming en privé (Soundcloud, Youtube ou votre site) et un lien de téléchargement (Dropbox, Google Drive ou votre site)
  • Ajoutez votre dossier de presse électronique
  • Envoyez le mail à l’employé qui vous connaît le mieux ou au pire à l’adresse généraliste du label
  • Allez à l’essentiel dans votre email : soignez le titre, ajoutez vos liens, envoyez le message à un seul destinataire à la fois, tenez un appel à l’action simple et efficace
  • Relancez la personne si vous n’avez pas reçu de réponse dans la semaine et répétez cela pendant 2 à 3 semaines. Au-delà il est nécessaire d’essayer avec un autre label.

Une fois votre musique envoyée, il est temps d’analyser le résultat : est-ce que cela a marché ou non ?

Si oui, il est temps de discuter d’un contrat.

Sinon, vous pouvez passer au prochain label sur votre liste.

Si après avoir essayé avec tout votre Top 7 vous n’avez toujours pas de réponse positive, il se peut que vous ne soyez pas encore prêt pour cela et que vous devriez travailler davantage sur les points 1 à 3. Sinon vous pouvez toujours rajouter d’autres labels et recommencer.

Conclusion

Ce n’est pas si dur que cela de signer avec un label de musique du moment que vous vous investissez personnellement, intelligemment et avec motivation.

Si vous pouvez apprendre de vos erreurs, alors il n’y a pas de raison que vous échouiez.

D’ailleurs, pour vous faire gagner du temps, je vous ai préparé un PDF exclusif sur les 15 erreurs à ne pas commettre pour réussir dans l’industrie musicale que vous pouvez télécharger dès maintenant en remplissant le formulaire ci-dessous.

Musicalement,

Guillaume de MarketingMusical.fr

  • Alex

    Hello Guillaume! :-)

    Petite question : si tu envoi un morceau contenant des samples à un label (samples relativement connu…!) est-ce que c’est ensuite le label qui prend le relais et qui règle toutes les histoires de droits en cas de commercialisation ? ou faut-il, avant toute démarche d’un quelconque label, régler cela soi-même ?

    Merci d’avance pour ta réponse

    Bonne journée! :-)

    Alex

    • Salut Alex,
      Comme indiqué dans l’article, je t’invite vraiment à envoyer de la musique 100% originale, c’est-à-dire qui t’appartient intégralement. Autrement, cela peut refroidir la plupart des labels en quelques secondes :)

      • Alex

        Ok super, merci pour ta réponse :-)

        La commercialisation du morceau en question m’a l’air très compliqué avec cette histoire de samples…dans notre cas, le fait de le sortir sur le label serait plus comme une façon d’avoir une visibilité et d’être soutenu par une structure qui a déjà sa communauté ! Reste à savoir si le label est sur la même longueur d’onde que nous! ^^ Si leur optique est clairement business ça va être compliqué…!

        Dans tous les cas, je vais aller au bout de ma démarche et contacter des labels, ce sera une expérience intéressante et enrichissante! :-)

        • Yes, c’est tout le challenge au niveau des samples, effectivement ! Bon courage à vous dans votre démarchage :)

  • Bonjour Guillaume,

    Merci pour ces précieux conseils mais je me demandais comment faire pour faire grandir sa fanbase et jouer en local quand on fait de la musique de série ou de films? Car cette musique ne se joue pas sur scène en local (enfin je crois)
    C’est mon cas et je souhaite démarcher des labels mais je me suis heurté à ton article et je me suis dit qu’il y a une étape que je risque de louper. Donc comment faire?
    Merci beaucoup.

    • Salut Alban et merci pour ton message !
      En effet, si ta musique ne se prête à des shows en local, tu peux comment te développer d’autres manières, notamment en ligne ou en mettant toujours plus ta musique à l’image. Si ta musique ne se joue pas sur scène, faire du live ne t’aidera pas vis-à-vis des labels. Il faut faire à petite (ou moyenne) échelle, ce que tu souhaiterais faire plus tard à grande échelle avec un label.

      • Guillaume,
        Merci pour cette réponse rapide.
        Qu’entends-tu par « faire à petite échelle ce que je souhaiterais faire plus tard à grande échelle avec un label » ?
        Merci.

        Alban

        • Un label est un tremplin pour viser une plus grande échelle et gagner en professionnalisme. Mais pour les convaincre il faut déjà leur montrer que ton projet à du potentiel dans le secteur que tu vises.
          Ce que je veux dire c’est que si tu cherches à faire des musiques de films, commence par démarcher des vidéastes et des youtubeurs pour t’associer avec eux. Cependant, je ne connais pas ton projet et tes ambitions et il ne s’agit donc que d’un exemple.

          • Oui je vois.
            Je n’avais pas pensé aux youtubeurs.
            Mon musique est une pop aux accents cinématographiques comme M83 par exemple qui fait une musique electro qui colle très bien au cinéma.
            Un aperçu de mon travail :https://youtu.be/h7y1YEKNAeQ
            Je vais explorer la piste des youtubeurs. C’est un excellent tuyaux.
            Merci beaucoup.